« Ulysse Nobody » de Gerard Mordillat et Sébastien Gnaedig

Le pitch de l’éditeur

Acteur dévalué, réduit à faire le « zouzou » à la radio, Ulysse Nobody vient de se faire jeter de Radio Plus, après une prestation désastreuse en direct. Rejeté de partout, Ulysse se retrouve sans travail, sans droits au chômage, sans le sou. Sans rien. Le voici aux abois. Une rencontre va changer son destin. Pour le meilleur, momentanément, et le pire, durablement.
Fabio, un ancien collègue de Radio Plus, travaillant désormais « dans la communication », souhaite aider Ulysse : il l’a toujours trouvé « génial » et il estime de la plus grande injustice qu’un talent comme le sien ne soit pas reconnu. En fait de « communication », Fabio milite pour le PFF, le Parti fasciste français, dirigé par Maréchal, candidat à l’élection présidentielle. Fabio propose à l’acteur de prendre la parole sur la scène du Zénith de Lille où se tient le grand meeting fasciste : « Il y aura 10 000 personnes pour t’applaudir. » De fait, Nobody fait un tabac : « Vive le PFF, vive la France ! », conclut-il sous une avalanche de vivats enthousiastes. Maréchal, ravi de son « show », lui propose alors d’être un candidat du Parti fasciste aux législatives… Le début de la fin pour Nobody.

Ulysse Nobody

Mon avis

En février 2022, Eric Zemmour explique sur RTL que Vladimir Poutine est un démocrate autoritaire. Dans l’ouvrage de Gérard Mordillat et Sébastien Gnaedig, Nobody aspire à une dictature … honnête ! C’est dire si l’actualité raisonne quand on lit « Ulysse Nobody ».

 

Au-delà du parallèle évident avec la campagne présidentielle, cette BD raconte d’abord celle d’un homme perdu.

Il a du mal à vivre avec un drame personnel – la mort de sa maman – il se perd dans son job en tentant un sketch sombre et décalé le soir de noël, il tente de se racheter auprès de sa patronne qui ne veut rien entendre et ses amis, si ils sont compatissants n’arrivent pas à l’aider.

Puis, arrive Fabio qui le flatte, lui prête de l’argent, lui propose une estrade … politique.

On a envie d’arrêter Nobody, de lui dire « n’y va pas tellement on est touché par sa douleur et sa … naïveté.

Le dessin simple et touchant de Sébastien Gnaedig laisse toute sa place au cauchemar de cette homme qui n’arrive pas à se sauver. Le décors limité avec des couleurs simples mettent encore plus en scène la solitude de Nobody, jusqu’à faire ressortir l’élément de décors le plus important : l’affiche du film « Mon Nom est Personne ».

Une belle BD touchante. A lire quand on a le moral tout de même !

 

 

« Ulysse Nobody »  de Gérard Mordillat et Sébastien Gnaedig

 Paru en février 2022, aux éditions Futuropolis

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