La dernière rose de l’été de Lucas Harari

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[Total : 1   Moyenne : 4/5]
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Résumé

La dernière rose de l’été est un hommage aux polars d’ambiance et de faux semblants chers à Sir Alfred comme Fenêtre sur cour, la main au collet ou plus récemment Gone Girl de David FINCHER.

Unité de temps et de lieu oblige, le récit nous plonge (c’est le cas de le dire) au bord de la mer, dans une vieille maison de la côte d’Azur, en plein mois d’aout. Léo, le héros de l’histoire se retrouve plus ou moins contraint de surveiller cette maison en plein travaux, alors qu’il rêve de devenir écrivain. 

Témoin privilégié d’une immense maison d’architecte voisine, Léo voit apparaître dans son champ de vision Rose, une jeune femme mystérieuse, habitante de cette maison, ainsi que toute une galerie de personnages allant d’un vieux collectionneur de statuettes primitives à un bande de hippies, adepte de soirées arrosées et d’étranges rituels, en passant par un inspecteur de police un peu à l’ouest et de villageois effrayés par le meurtre récent de 2 adolescents.

Lentement, par petite touche, notre héros noue une relation avec Rose et va se retrouver malgré lui mêlé à une implacable mécanique infernale, jusqu’au dénouement…

L’avis de BDLIRE

La mise en case de l’album est un chef d’œuvre à elle toute seule. Aucun espace entre les cases et une alternance permanente entre plan large et gros plan sur un détail particulier pour nous entraîner vers les fausses et vraies pistes que l’auteur tisse patiemment tout au long de l’album.

En dehors de ces changements de perspectives, l’auteur pratique également l’ellipse temporelle permanente, alternant temps court du dialogue et temps long entre 2 cases plus contemplatives. Le séquençage est réellement très particulier avec un sens remarquable du rythme. 

Tous ces changements assumés nous happent littéralement dans le récit, le cerveau cherchant en permanence à combler les manques et faire le lien entre les différents parties du récit. Le lecteur se construit sa propre interprétation de l’intrigue policière, alors que très peu de choses sont révélées avant le dénouement final. Encore une fois du grand art.

L’intrigue est un véritable exercice de mise en tension lente entre les protagonistes principaux jusqu’au dénouement final. Le héros est celui du roman de London, Martin Eden dont Léo possède un exemplaire, un personnage qui tente de s’élever dans un monde dont il ne connait pas les codes.

Le dessin, véritable hommage à la ligne claire est également une magnifique réussite avec une utilisation incroyable de la lumière et de la couleur surtout du bleu. On retrouve un peu les ambiances des illustrations de LOUSTAL dans les dessins d’HARARI. L’auteur pratique également l’image subliminale pour nous insuffler ses visions dérangeantes (on est dans un thriller après tout) que l’on peine un peu à interpréter complètement pour comprendre l’histoire. 

Le dénouement est d’ailleurs l’élément un peu en deçà du reste de la bd. L’auteur a choisi une fin un peu curieuse par rapport au reste de l’album. Chacun peut y trouver sa propre interprétation. pour notre part, on reste un peu sur notre faim de loup…

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Pourquoi vous allez aimer

Parce que c’est un polar à l’intrigue prenante, un hommage aux livres et aux films du genre des années 50 : rythme très lent, fausses pistes, femme fatale et héros impliqué malgré lui dans une machination.

A lire absolument !

Détails

  • Éditeur : SARBACANE
  • Nombre de tomes : 1/1
  • Parution : Septembre 2020
  • Scénario, dessin et couleur : Lucas HARARI

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