Le serpent et le coyote de Xavier et Matz

Kill Joe

1970, désert de l’ouest américain, une rencontre improbable entre Joe, vieux solitaire en plein road trip et un coyote blessé. Après avoir soigné l’animal, Joe éprouve le besoin de se confier et entame le récit de sa vie comme s’il se confiait à son biographe.
Joe, alias Guiseppe, est un repentis, un fugitif, l’unique témoin encore vivant des activités de la mafia new yorkaise. On est en pleine Amérique post assassinat de Kennedy, Nixon et Hoover ont décidé de s’attaquer sérieusement au crime organisé et viennent de monter le premier programme de protection de témoin pour encourager les témoignages. Joe est l’un d’eux, il est particulièrement attendu au méga procès qui doit se tenir prochainement et doit coute que coute rester en vie, malgré les tueurs lancés à ses trousses.
Mais Joe hésite finalement. Il sait que le trajet jusqu’à New York promet d’être dangereux sans compte les populations locales et désœuvrées du désert californien. Pour l’aider, il commence par renouer avec son passé, un amour de jeunesse prénommée Georgia qui a fui également les gangs pour se mettre au vert.

L’avis de BDLIRE

Un album de Matz, c’est comme un grand vin, ça se bonifie avec le temps. Sur un scénario vu et revu en littérature et au cinéma depuis l’invention du parrain, l’auteur du tueur et de tango nous propose un récit très épuré, une synthèse du genre en quelque sorte. Dans un paysage visuellement grandiose, dans un silence de cathédrale rompu uniquement par le bruit du coyote et quelques coups de feu bien sentis, Matz nous propose un western crépusculaire où le temps s’étire à l’infini. Joe c’est à la fois Robert de Niro (le parrain 2), James Coburn (il était une fois la révolution), Pat Renella (Bullit), Henry Fonda (Mon nom est personne), Clint Eastwood (Impitoyable) et même Uma Thurman (Kill Bill), bref le personnage désabusé et impitoyable qui n’a plus rien à perdre ni à attendre de la vie.
Le dessin magnifique de précision alterne les scènes grandioses et les moments d’introspection d’un homme qui raconte sa vie à son coyote. Sur un tempo très lent, particulièrement agréable, les auteurs nous entraînent dans un récit aussi enivrant qu’un vieux whisky.
Le serpent et le coyote, c’est le grand coup de cœur de la rentrée !

 

 

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Pourquoi vous allez aimer ou pas

Si vous aimez les road trips violents au milieu des paysages grandioses de l’ouest américain. Ce polar crépusculaire est fait pour vous.

Détails

  • Éditeur : Le Lombard
  • Nombre de tomes : 1/1
  • Parution : Août 2022
  • Scénario : Matz
  • Dessins et couleurs : Philippe XAVIER

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