Le convoyeur de Tristan ROULOT et Dimitri ARMAND

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Dernière pandémie avant la fin du monde..

C’est l’histoire d’un virus  mondial, banal par ces temps me direz vous. Mais attention, pas n’importe quel virus, pas un bête pathogène échappé d’un laboratoire ou d’un mammifère pholidote, non. Il s’agit ici de la mère des virus qui vient directement du centre de la Terre, carrément et qui corrode irrémédiablement tout ce qui est en métal. La « rouille », c’est son nom (pas con) a renvoyé brutalement la civilisation directement à l’âge de pierre (ben oui puisque qu’il n’existe plus de métal, même pas d’alliage). Hop fini Internet, les gros 4X4 et même les couteaux ou les fourchettes. Du coup ca a posé un problème certain et l’anarchie s’est développée au fur et à mesure où les villes et les pays se sont écroulés. Dans ce nouveau monde riant, où n’importe quelle blague sur les épinards et Popeye vous vaut d’être lapidé en place publique, les survivants de moins en moins nombreux se sont regroupés en communautés plus ou moins médiévales.

Bon jusqu’ici nous étions en terrain connu, quelque chose entre Mad Max à cheval, Je suis une légende sans vampire ou la Route (mais avec des gens). La où ca se complique, c’est que le virus a aussi détruit le fer contenu dans notre sang, créant des désordres génétiques et l’apparition d’une forme de magie (tiens Léon, repasse moi le joint, je ne vois plus les licornes) chez certains rescapés. 

Maintenant que le décor est planté, c’est à ce moment là que notre héros, le convoyeur entre en scène, une sorte Sam Bridges (le héros du jeu vidéo Death stranding) avec des lunettes de Riddick (un autre héros, mais d’un film cette fois-ci, Pitch Black, sombrement incarné par Vin Diesel). Ce héros mystérieux qui distribue des œufs à toutes les personnes à qui il rend service, incarne l’espoir des plus faibles face à l’oppression. Après une entrée en matière musclée sur une dette et un contrat, notre héros, accepte d’aider la veuve et l’orphelin et d’enquêter sur la disparition des tous les hommes d’un village.

Au gré de cette aventure qui n’aura rien de bucolique, le convoyeur, va croiser une cohorte de la sainte inquisition à la recherche d’une femme, une armée de créatures issues de l’imagination démente d’un Giger, un loup garou et une mystérieuse mine de cuivre…

Ca court, ca disserte sur le sens de la vie, ca éviscère beaucoup et ca crame de l’alien par wagon comme dans un bon James Cameron. Bref, c’est rythmé, bien qu’un poil déconcertant comme entrée en matière.  

 

L’avis de Bdlire

C’est un album vraiment étrange et c’est sans nul doute ce qui en fait son charme. Ca plaira sans nul doute aux amateurs du mélange des genres fantastiques, ceux qui n’attachent absolument aucune importance au rationnel et au réalisme.

Le parti pris est celui d’une atmosphère de western période Léone et Eastwood avec un décor médiéval fantastique. Ca s’appelle indéniablement un mélange des genres. Comme tout bon ouvrage d’anticipation, l’histoire repose sur un système de règles initiales qui conduisent au monde où les personnages évoluent. Pour peu qu’on évite de se poser la question de leur cohérence et qu’on les accepte, ca donne un récit qui fonctionne sur les ressorts de la surprise. De ce point de vue, c’est assez réussi, un peu trop peut-être, tant on se demande à chaque page, ce que le scénariste va inventer pour nous surprendre. C’est un peu le reproche que l’on peut faire à ce premier opus, celui de nous emmener sur beaucoup d’arcs narratifs, au risque de se perdre un peu et de laisser une  impression d’incohérence ( ce qui est un comble). C’est  à la fois pas assez loufoque pour se retrouver dans le guide du routard galactique de Douglas Adams ou le disque monde de Pratchett et pas assez sérieux pour y croire comme le monde d’après d’Antoinette Rychner.

Graphiquement, le trait est maîtrisé avec des images très colorées et contrastées. Avec un scénario aussi barré, Dimitri Armand s’en est donné à cœur joie pour inventer des créatures au physique improbable, sorte de croisement entre Alien et Quasimodo ou avec des super-pouvoirs ou de créer des décors à mi chemin entre le Moyen âge et une ville perdue du Far-West. la mise en case classique dans les phases calmes du récit, se déforme verticalement et se resserre dès que le rythme s’accélère, pendant les combats ou les courses notamment.

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Pourquoi vous allez aimer ou pas

Si vous êtes fan de post-apocalyptique et si « Walking dead », « je suis une légende » ou   « world war Z » sont définitivement devenus trop mainstream à votre goût, essayez le convoyeur, vous serez sans aucun doute dépaysés. Pour les autres, la relecture d’un roman de Lewis Caroll est sans doute nécessaire pour prendre la distance avec le rationnel avant de se lancer.

Détails

  • Éditeur : Le Lombard
  • Nombre de tomes : 1 / 3
  • Parution : Mai 2020
  • Scénario : Tristan ROULOT
  • Dessin et couleurs : Dimitri ARMAND

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