La ballade du soldat Odawaa de Cédric Apikian et Christian Rossi

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[Total : 1   Moyenne : 3/5]

Résumé

En février 1915, De nombreux amérindiens firent partie du corps expéditionnaire canadien venu combattre pendant la première guerre mondiale. L’album raconte l’histoire de l’un d’eux, le soldat Joseph Odawaa, tireur d’élite et membre de la nation Cree. L’histoire est inspirée de celle de Francis Pegahmagabow, de la Première nation Shawanaga, l’un des soldats canadiens le plus décoré de la grande guerre.

L’histoire se focalise sur une chasse à l’homme au milieu du carnage entre le Commandant Heinrich Von Schaffner, chef d’un groupe de pillards, responsable de nombreuses exactions et de vols d’objets de culte et entre les hommes du caporal Odawaa, matricule Tomahawk. Le scénario est un mélange entre Stalingrad, le film de Jean Jacques Annaud qui voyait s’affronter les tireurs d’élite Jude Law et Ed Harris au milieu des décombres de la ville avec une pointe d’Indiana Jones pour le côté chasse au trésor. Le mélange est un peu curieux, mais comme la course poursuite fonctionne plutôt bien, l’ensemble se tient.

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En dehors de l’intrigue principale, l’album fait bien évidemment la part belle aux tueries, atrocités et folie générale dans laquelle sombrent petit à petit tous les protagonistes inhérents à une guerre. En dehors de la folie, il est également question de violence, courage, héroïsme, bravoure et lâcheté.

Mon avis

L’album est le premier scénario de Cédric APIKIAN et dessiné par Christian ROSSI (Jim CUTLASS, WEST).

La mise en case est très particulière. Le fond des cases est noir lorsque les auteurs nous placent du point de vue d’Odawaa et blanc lorsque le point de vue est celui des autres personnages. Le soldat Odawaa est un personnage de l’ombre, son visage n’est jamais dessinée, seul sa silhouette se dessine dans très peu de cases. Les plans sur fond noir, sont des plans d’actions, essentiellement sous forme de succession de plans serrés, comme dans un western de Sergio Leone qui est l’un des modèles du scénariste.

Graphiquement l’album est très réaliste avec une alternance d’ambiances sinistres de pluie, brouillard, nuit, paysage en feu ou en proie aux gaz de combats, bref rien qui ne permette à la rétine de se reposer. C’est lugubre à souhait. Le même travail est fait sur les visages qui sont fatigués, amochés, mal rasés, nerveux, les yeux souvent exorbités, bref de véritables gueules cassées en devenir. Par ailleurs, un travail incroyable a été fait sur les ombrages. Hugo Pratt et ses ombres magiques ne sont pas très loin…

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Le petit reproche que l’on peut faire à l’album, c’est que les personnages (particulièrement les amérindiens) se ressemblent et qu’au bout d’un moment on ne sait plus très bien qui est Odawaa et même s’il existe réellement. On a un peu parfois l’impression qu’il sort tout droit des cauchemars du capitaine Keating, le chef du corps canadien. C’est un peu brouillon. L’autre histoire celle des reliques n’est pas non plus complètement exploitée et laisse même entendre un second tome avec réellement une sorte d’Indiana Jones en héros, mystère ?

Pourquoi vous allez aimer

Si vous êtes fans de la grande guerre et des anecdotes sur certains faits historiques, cet album est fait pour vous.

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Détails

  • Éditeur : CASTERMAN
  • Nombre de tomes : 1
  • Parution : Septembre 2019
  • Scénario : Cédric APIKIAN
  • Dessin : Christian ROSSI
  • Couleur : WALTER

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