Les artilleuses de Pierre Pevel et Etienne Willem

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[Total : 1   Moyenne : 3/5]

Résumé

Voici le tome 1 d’une nouvelle série issue des contes et récits du Paris des merveilles de Pierre Pevel. L’action se situe au début du vingtième siècle, en 1911 dans un Paris d’Héroic Fantasy où Gustave Eiffel et Arsène Lupin croisent la magie des nains, fées, gnomes et autres elfes. Entre autres choses, la tour Eiffel est en bois blanc, le faune Cristofaros triomphe à l’opéra et le métro mène directement au royaume féerique d’Ambremer.

Une fois ce décor planté, nous nous retrouvons dans un scénario des brigades du tigres avec dans le rôle des bandits, un trio féminin composé de Lady Remington, Miss Winchester et Mam’zelle Gatling, j’ai nommé les artilleuses. Rangées des voitures, nos trois charmantes hors la loi acceptent un nouveau contrat de la part du célèbre faune Cristofaros, dérober une puissante relique, le sigillaire.

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A la suite d’un casse fracassant et spectaculaire, les artilleuses se retrouvent rapidement confrontées à un complot européen mêlant services secrets du kaiser, magie noire, sûreté française et autres intermédiaires loufoques. La suite de l’aventure fait parler la poudre aux quatre coins de la capitale dans des décors aux ambiances steampunks impressionnistes (si ca existe…).

Mon avis

A ma connaissance, les artilleuses est le premier album de bande dessinée qui tente la synthèse audacieuse entre les codes de l’univers steampunk (machines à vapeur sophistiquées dans un décor industriel du début du vingtième siècle) et ceux de l’Heroic Fantasy (magie et dragons pour faire simple). Et cette initiative rare mérite d’être notée. Cela nécessite de bien connaître les 2 univers depuis Jules Verne en passant par Philip Pullman jusqu’à Tolkien. Une fois les codes posés, on se retrouve dans un scénario de type Arsène Lupin où tout le monde essaye de trahir un peu tout le monde. L’usage des sorts apporte une nouveauté intéressante aux scènes de fusillade, même s’il y a un petit côté Deus Ex Machina à se sortir de cette façon de situations inextricables.

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Le point fort de l’album repose sur les personnages principaux bien campés et attachants du vieux gnome taciturne expert en mécanique jusqu’à nos trois héroïnes avec des personnalités très affirmées. L’album propose une intrigue sérieuse avec des enjeux qui ont l’air super important pour les protagonistes et ce dans un univers totalement absurde. Le premier épisode plante le décor et l’action,

Visuellement, l’album est assez proche de la série « Julie Petit Clous » réalisée par Etienne Willem, un univers, un peu cartoon très coloré avec un soin particulier pour les plastiques féminines. D’ailleurs chaque héroïne possède son propre style visuel, une blonde aristocratique habillée en tons rouges et bruns, une brune habillée en bleu à la garçonne et une rousse avec un dressing populaire dans les tons verts. Le choix est d’ailleurs tout à fait revendiqué par Willem dans les notes de l’album.

Pour le dessin Willem utilise une technique d’encrage particulière qui confère un trait particulièrement dynamique et vivant, comme il l’explique lui même dans une interview :

l’encrage, en ce qui me concerne, a tendance à raidir le dessin, donc, dans un premier temps, j’encrais sur calque pour garder mes crayonnés en cas de désastre, mais, grâce à la technique moderne, je peux désormais faire mes dessins préparatoires au bleu, puis les repasser au crayon noir. On scanne le tout avec une discrimination sur le bleu et, en jouant sur les contrastes, on obtient une planche avec des noirs « comme à l’encre de Chine » et un trait vivant. Voilà.

Pourquoi vous allez aimer

C’est difficile à dire, tant l’album est à la croisée de beaucoup d’univers : steampunk, heroic fantasy, policier et humour. Si vous êtes imperméable à l’un de ces univers, ca peut vous paraître un peu grotesque. Pour les autres, c’est plutôt rafraîchissant comme le printemps qui arrive et l’album se parcourt sans déplaisir.

Détails

  • Éditeur : DRAKOO
  • Nombre de tomes : 1
  • Parution : Février 2020
  • Scénario : Pierre PEVEL
  • Dessin : Etienne WILLEM
  • Couleur : Tanja WENISH

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