Préférence système de Ugo Bienvenu

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Résumé

L’histoire est celle d’un futur dystopique (quoi que) et il est aussi prometteur que celui de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury publié en 1953.

Dans un futur proche, nous suivons les aventures d’Yves Mathon, employé au sein du bureau des œuvres essentielles, une sorte de tribunal qui statue sur la conservation ou non des données mondiales. Dans le futur, les capacités mondiales de stockage des données sont arrivées à saturation. Pour permettre aux humains de continuer à stocker leurs données numériques (instas, tweets et autres joyeux contenus de vacances), il est devenu nécessaire de faire de la place en supprimant ce qui n’est plus consulté, ce qui n’est plus populaire. L’album commence avec l’audience de suppression d’un très vieux film totalement désuet, « 2001, l’odyssée de l’espace ». Son taux de consultation est devenu trop faible avec 0,0000012%. Malgré une tentative de notre héros pour expliquer pourquoi c’est un chef d’oeuvre, décision est prise de le supprimer.

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La sentence est appliquée, mais un grain de sable vient enrayer la machine. Malgré le fait que ce soit un délit très grave, notre héros s’applique à faire une copie des œuvres détruites qu’il sauvegarde dans son robot Mikki mère porteuse et nurse, en pleine grossesse de l’enfant de Yves et de sa femme Emy…

Le récit suit ensuite l’histoire du couple et de leur petite fille qui tente de sauvegarder l’héritage de l’humanité à leurs risques et périls.

Mon avis

Pour un premier album, c’est un véritable coup de maître.

Avec une intrigue d’anticipation très simple, l’auteur propose une magnifique réflexion sur l’importance de l’art comme héritage culturel des générations à venir et notre responsabilité vis à vis de cet héritage. Le roman renvoie également une image réaliste et glaçante de notre société actuelle, superficielle, totalement obsédée par l’image et la mise en scène de chacun sur les réseaux sociaux. La première partie du récit (notamment la scène de montage du film Playmobile) installe parfaitement la tension au sein de l’environnement de Yves et Emy qui culmine au milieu de l’album.

La seconde partie est plus poétique, mais aussi moins intéressante. Elle propose une alternative sous forme de retour à la terre, jardin d’éden et autres vraies valeurs (« cultivons notre jardin », tiens ça me rappelle un philosophe, je crois) à un monde devenu finalement très déshumanisé. Malgré, cette seconde partie un peu en retrait par rapport à la claque initiale, l’auteur aborde avec beaucoup d’intelligence des questions essentielles sur notre rapport aux technologies numériques, leur vitesse, notre incapacité à les maîtriser pour ce qu’elles sont des outils à notre service et non l’inverse…

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Pour illustrer le propos, l’auteur propose un dessin géométrique, précis et très réaliste avec des aplats de couleurs particulièrement marqués. La mise en case est un gaufrier très rigide conférant à l’album une ambiance d’un monde très froid, comme dans le film « Bienvenue à Gattaca » d’Andrew Niccol avec Ethan Hawke et Uma Thurman.

A lire absolument, véritable coup de cœur personnel !

Pourquoi vous allez aimer

Si vous cherchez un album à la croisée des classiques d’anticipation comme le meilleur des mondes ou Fahrenheit 451, une réflexion très intelligente sur les réseaux sociaux, l’art comme héritage de l’humanité, cet album est fait pour vous.

Détails

  • Éditeur : DENOEL GRAPHIC
  • Nombre de tomes : 1
  • Parution : octobre 2019
  • Scénario : Ugo BIENVENU
  • Dessin et couleur : Ugo BIENVENU

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