Un destin de trouveur de Gess

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Résumé

Second tome des contes de la pieuvre, au cœur de la mafia parisienne du 19ème siècle. Il est indépendant, mais fait suite à la malédiction de Gustave Babel.

Nous sommes en 1898 à Paris. La pieuvre règne en maître sur les bas fonds de la capitale. L’inspecteur Emile Farges possède un talent, un pouvoir fantastique qui lui permet de retrouver n’importe qui ou n’importe quoi en jetant un petit caillou sur une carte. Grâce à son talent, Emile arrive à retrouver rapidement n’importe quel criminel dans les enquêtes qui lui sont confiées par le Quai des Orfèvres.

Pourtant un assassin, tueur en série, demeure totalement insaisissable. Doté également d’un talent, l’hypnotiseur est un maître assassin capable d’ôter toute volonté à un humain et de le contrôler. Aucun policier l’ayant rencontré n’y a survécu jusqu’à maintenant.

L’album raconte cette formidable chasse à l’homme qui nous permet de croiser une foisonnante galerie de personnages sombres et fantastiques comme les sœurs de l’ubiquité (sorcières et voyantes), l’alsacien, un tueur aussi taciturne qu’efficace, la bouche, le nez, l’œil et la voix les 4 têtes de la pieuvre ou encore la bête, une créature féroce qui n’obéit qu’au son du violon de son dresseur.

L’album est très riche avec de multiples intrigues qui s’entrecroisent tout au long de la lecture.

Mon avis

Gess signe avec cet album le meilleur tome des Contes de La Pieuvre, avec un univers fantastique très dense et une intrigue particulièrement palpitante dans le Paris de la fin du 19ème siècle. Dans la lignée de l’univers des autres albums de Gess comme l’homme truqué ou la brigade chimérique, l’auteur décrit le Paris de la belle époque, celui des romans de Zola, de Jules Verne, d’Edgar Alan Poe et même de Maurice Leblanc. L’album rend également un grand hommage au cinéma, notamment dans les 4 dirigeants de la pieuvre dont les visages s’inspirent de Sacha Guitry, Alfred Hitchcock et Tim Burton.

La narration de l’album est construite sur de nombreux flash-backs expliquant à chaque fois les origines des personnages principaux. Cela permet de casser le rythme linéaire du récit et de proposer un univers visuel propre à chaque personnage. Chaque clan possède ses propres règles, ses propres codes d’honneur, sa propre justice. La justice est d’ailleurs au cœur du récit avec de longues citations du contrat social ou Principes du droit politique de Jean Jacques Rousseau. L’auteur interroge sur le rôle et la capacité de l’état ou des sociétés secrètes à protéger et à rendre justice.

Le dessin est expressionniste. L’auteur selon ses propos, s’est beaucoup inspiré des gravures photographiques d’Eugène Atget (1857-1927) qui présentent un Paris lumineux de l’époque. Les décors sont particulièrement riches et fourmillent de détails sur Paris et ses mœurs de l’époque. Les cases sont abondantes et l’auteur alterne les ambiances lumineuses vertes, marrons, colorées qui donnent à l’ensemble un sentiment de malaise visuel. L’ambiance se veut fantastique et glauque avec quelques rares moments de calme.

Un récit très dense et prenant, une vraie réussite et un vrai coup de cœur.

Pourquoi vous allez aimer

Si vous aimez les enquêtes dans des environnements fantastiques. Si vous êtes nostalgique du Paris de la belle époque et des romans d’Arsène Lupin ou des albums de Tardi ou de la série des brigades du tigre, cet album est fait pour vous.

Détails

  • Éditeur : DELCOURT
  • Nombre de tomes : 2
  • Parution : avril 2019
  • Scénario : GESS
  • Dessin et couleur : GESS

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